Alenko – “La tête ailleurs”

Tic tac, tic tac, la lumière scintille, vacille, joue avec nos sens et nos sensations, fragile entre-deux qui nous oblige à fermer les yeux et à nous fondre dans l’éther d’un rêve musical qui se décline telle une errance magnifique au pays d’un amour absolu. Vu d’en haut, Alenko nous prend par la main pour nous emmener en balade, là où la vie est plus belle ou plus tragique, plus sourde ou plus étonnante. Ses armes ?… Une poésie qui se love dans une dose de pop électronique, des mots qui se mêlent et s’entre-mêlent pour nous envoûter, des notes qui jouent les filles d’ un air parfois groovy, parfois funky, souvent scandé, mais jamais ne mentent, jamais ne trichent, toujours se balancent entre ombre et lumière, espoirs fous et déglingue magnifique. Ecouter cette “Tête ailleurs”, c’est se projeter dans une sorte d’errance nocturne délicate où nos pas sont rythmés par le beat d’une implacable machine dont le seul but semble être notre ivresse. Avec cet album – mix entre titres tout neufs et d’autres plus anciens revisités – le suisse Alenko revient en force, nous offrant 14 titres où les mots sont aussi forts que virevoltants, où chaque morceau décline son propre univers, sa musicalité différente, où les rimes ne sont pas artificielles même lorsqu’elles nous parlent de paradis qui, eux, le sont.  Au bout de sa nuit astrale, l’artiste se révèle dans toute sa folie, toute sa puissance, phoenix urbain aux objectifs indéfinis mais au vagabondage merveilleux. Si, parfois, on peut reprocher à la chanson française une certaine forme de formatage, le moins que l’on puisse dire est qu’Alenko fait exploser avec un talent inouï tous les cadres, toutes les cases, et, en explorateur des sons qu’il est, fait souffler un petit air frais sur une proposition qui a tendance à tourner en rond. Quand tout s’en va, quand nos vies prennent des couleurs un peu ternes, il n’y a finalement aucune autre solution viable que de se mettre la tête ailleurs pour aller plus haut et voir plus loin, pour sortir de l’enfer et rêver encore un peu à un demain meilleur, pour prendre l’ascenseur qui nous emmènera au septième ciel… Merci donc à Alenko de nous montrer le chemin pour y arriver !