Chevallier et Laspalès

Cela faisait quelques années déjà qu’ils avaient déserté le genre one-man-show, préférant nous faire rire en se cachant derrière les mots des autres, dans des costumes taillés pour d’autres, des pièces écrites pour d’autres, comme «Le dîner de cons» ou plus récemment «Les menteurs», auxquels ils donnaient une petite dose de décalage en supplément, de délire en plus, grâce à leur indéniable loufoquerie et cette folie douce qui fait leur patte depuis leurs débuts sur scène. Les voir, enfin, revenir sur scène avec un spectacle de sketchs ne pouvait donc que nous réjouir d’autant que le duo, malgré le temps qui est passé plus vite qu’un train en gare de Pau, n’a rien perdu de sa force comique, de cet extraordinaire puissance visuelle qui, dès leur apparition sur scène, déclenche une vague de rires.  Pour célébrer comme il se doit ce retour aux fondamentaux, Philippe Chevallier et Régis Laspalès n’y vont pas de main morte. Au menu, grands classiques revisités pour l’occasion et nouveautés croustillantes comme eux seuls savent les imaginer, le tout servi à point comme tout bon cocktail détonnant qui se respecte.  Car si les comédiens ont pris de la bouteille, leur humour, lui, n’a pas pris une ride malgré les décennies qui se sont succédées et ont permis l’apparition d’un nouveau type d’humour basé sur le quotidien, la vie fantasmée des comédiens et, fonctionnant toujours sur l’absurde et la dichotomie entre ces deux caractères pour le moins opposés. Ce qui n’a pas changé, non plus, c’est cette fabuleuse capacité à nous faire rire avec le quotidien, de ces cartes bancaires qui n’ont pas forcément que des avantages aux aléas de l’incompréhension avec de bornés fonctionnaires, le tout épicé par quelques thèmes de société plus récents tel que ce mariage gay poussé ici à l’extrême. Avec Chevallier et Laspalès, pour peu que l’on soit sensible à leur humour très anglo-saxon, presque d’un autre temps, le bonheur est assurément au rendez-vous alors, quand ils nous proposent aimablement de reprendre quelques sketchs, il serait idiot de ne pas accepter !

Lundi 04 MAI 2015 /// 20h30 /// Théâtre de l’Etang /// SAINT-ESTEVE
15€>38€ ///

Bouton noir