Denis Maréchal au Vinochope

Comment est née ta collaboration avec Florence Foresti ?
Elle est née il y a longtemps, au lycée. Evidemment, on n’avait pas encore de spectacle et on osait même pas espérer en faire un un jour… Et lors d’un dîner, elle m’a demandé si j’avais un metteur en scène pour mon spectacle à venir, je lui ai dit que j’avais justement pensé à elle… Je crois que c’est à ce moment-là, elle a commandé son steak qu’elle a pris à point me semble-t-il…

Le précédent spectacle avait été mis en scène par Bruno Solo, pour toi qui parle beaucoup des rapports homme-femme, c’est plus facile d’être dirigé par un homme ou une femme ?
Disons que j’étais à la fac avec Bruno Solo (rires)… C’est pas ni plus facile ni plus difficile, c’est juste la vision de quelqu’un d’autre. Là, pour le coup, avec Florence, le fait que ce soit une amie avec du talent et qu’elle soit une femme m’intéressait particulièrement parce que je voulais avoir son regard sur mon humour et mes blagues parfois misogynes ; comme le spectacle parle beaucoup des relations, de la séduction, c’était intéressant d’avoir le point de vue d’une fille. D’autant plus que c’est une amie, elle me connaît bien, elle sait rapidement où je veux en venir et c’est plus facile pour elle de me guider.

Ca a donc enrichi d’autant plus ton spectacle…
Les femmes d’une manière générale m’enrichissent. Je crois qu’on peut boucler ce sujet avec cette phrase qui est formidable ! (rires) Et qui va résonner aux yeux des lecteurs de B-Aware !
En même temps, ça me donne un petit côté gigolo, cette phrase…

Les femmes payent les billets pour venir voir ton spectacle !
C’est vrai, ça fait très mac ! Ca craint ! Mais j’essaye de fournir un travail sympathique en échange…

Après la recherche d’appartement, tu abordes le sujet des enfants dans ton spectacle, c’est le spectacle de la maturité ?
Tout à fait ! L’appartement, c’est réglé, si tant est que ça puisse vraiment l’être ! Concernant les enfants, j’arrive à un âge où tous mes potes ont des enfants, moi j’en ai pas et il y a une phrase qui revient souvent : Il faudrait y penser !… Comme si quelqu’un pouvait se dire : “ah putain merde, c’est vrai !“. Et puis, comment trouver la bonne personne pour le faire, comment la séduire ?… Je reviens aussi sur les désillusions, parfois on se trompe de personne.
Ca parle également du fait que les enfants, quand ils sont là, posent énormément de questions et je me demande comment je vais faire pour ne pas passer pour un crétin ;  je ne sais pas combien de fois on peut répondre « je ne sais pas » à un enfant.

Est-ce qu’avoir un enfant est encore un signe de normalité dans notre société ?
Oui, il y a une petite pression sociale mais c’est aussi parce que la vie a une durée limitée et que, pour la plupart des gens, la réalisation de soi passe par le fait d’avoir un enfant, de passer à la postérité en se reproduisant. D’où cette phrase : “il faudrait y penser !“.

Et tu y penses sérieusement ou c’était juste pour les besoins du spectacle ?
Les deux. Je me vois mal finir mes jours sans avoir d’enfants. Mais je ne vais pas non plus en faire un dans la minute…

En même temps, tu es un homme, tu n’as pas de date de péremption…
Non mais j’aimerais quand même pouvoir aller le chercher à l’école ! (rires) J’entends souvent les pères en devenir dire qu’ils espèrent qu’ils pourront jouer au foot ou au tennis avec leurs enfants, moi j’espère juste pouvoir aller le chercher à la crèche, c’est déjà pas mal ! (rires) Et que ce ne soit pas lui qui viennent me rendre visite à l’hospice ! Crèche versus hospice, j’aime bien ! Je vais développer l’idée sur cette nouvelle génération qui fait des enfants tard.

Justement, comment on crée un spectacle comme ça ? Tu notes des anecdotes sur un petit carnet et tu les transformes en sketchs ?
Exactement, je les note sur des tickets de metro, sur des coins de nappes – en papier bien sur ! – , sur mon bloc… Et puis, ça macère. J’y pense longtemps. Je mets un an à écrire un spectacle mais en réalité je reste penché sur ma feuille seulement trois semaines. Le spectacle doit être prêt à une certaine échéance et je m’y mets un peu au dernier moment comme quand on est gosse et qu’on a un devoir à rendre !

Ton spectacle s’appelle Denis Maréchal (re)joue, c’est parce que tu reprends des sketches de tes spectacles précédents ?
Non, c’est juste une prolongation de mon spectacle “Denis Maréchal joue”, c’était pour utiliser un mot plus élégant que “prolongation”.

Tu joues beaucoup avec les mots, d’où te vient cet amour de la langue française ?
Je ne sais pas, peut-être du fait que j’ai commencé à lire assez tôt… En plus, à mon époque, il n’y avait pas trop de jeux vidéos. Enfin, je n’ai pas fait la guerre non plus ! Il y avait des jeux électroniques comme Donkey Kong sur un boîtier orange qui se dépliait ! C’est compliqué de savoir pourquoi on aime tel type d’humour, c’est venu comme ça. Et puis, on a de la chance, on a une langue très riche, très nuancée qui permet de jouer avec le sens, les formulations. Ca m’éclate ! Ca permet aussi de faire passer des idées même si je ne fais pas de spectacles à message. C’est d’autant plus amusant à l’ère d’internet et des textos qui nous pousse à réduire notre champs de vocabulaire voire même de grammaire. Après, je n’ai pas un langage châtié non plus ! Mais j’aime beaucoup les mots.

Puisqu’on en est à parler de ton humour, qu’est-ce qui te fait rire, toi ?
Bêtement, le mec qui glisse sur une peau de banane !

C’est cruel !
Oui, autant qu’un fou rire à un enterrement ! Souvent, ce sont les moments où il ne faut surtout pas rire qui sont irresistibles. Sinon, c’est un mec comme Ricky Gervais ou Jerry Seinfeld, Muriel Robin, Pierre Palmade, Les Nuls, Les Inconnus, la série Friends, Charlie Chaplin… C’est assez vaste, en fait.

Tout ça nourrit ton humour…
C’est difficile de savoir ce qui nous influence vraiment. On ne définit pas un style quand on écrit, si style il y a, il vient de lui-même. Je ne saurais pas définir quel style j’ai, mais j’entends souvent dire que je suis gentil, que je n’ai pas un humour incisif, ni dans la provoc ni dans le cynisme. Je suis moqueur mais plutôt de moi, j’aime beaucoup l’auto-dérision. C’est plus agréable… pour tout le monde ! (rires)

Tu parles aussi de la séduction, c’est quoi la pire veste que tu aies prise avec une femme ?
La déclaration qui dure vingt-sept minutes, hyper tournée, hyper travaillée et qui se solde par une réponse assez simple : « non ». Ca, c’est hard !
Mais je pense que la pire expérience en la matière, c’est d’aller à la télévision, de faire une déclaration devant des millions de téléspectateurs et la fille n’ouvre pas le rideau ! (rires)

Je vois le type d’émissions que tu regardes à la télé !
Ce sont des émissions qui m’ont marqué parce qu’il y a une prise d’otage dans ce genre d’exercice. Le mec se dit, comme je le fais devant des millions de spectateurs à la télé, elle ne pourra pas dire non et elle dit non quand même ! (rires) C’est horrible !

Et la tienne de veste alors ?
Je cherche… Mais j’ai pas pris beaucoup de veste non plus ! (rires) En fait, il faut venir voir mon spectacle, j’en raconte une mémorable, c’est un veste sur la longueur… C’est carrément un manteau ! C’est avec Bérangère, je l’accompagne en bas de chez elle sous un réverbère, hyper romantique, elle ne me fait pas monter, elle ne me fait pas de smack alors que moi je me penche en attendant le bisou. Ensuite, je l’invite au restaurant, je retente… Il faut absolument venir voir le spectacle rien que pour ça, c’est plus une veste, c’est un imperméable, une friperie, c’est tout le rayon manteau des Galeries Lafayette !

Les amis de Denis Maréchal ont eu une Gameboy, un Bi-bop et un iPhone : Lui aussi.
Mais quand ils ont eu un enfant, il a eu un iPad.
Conscient d’avoir raté une étape, Denis veut rattraper son retard. Mais comment trouver la future maman ?
Que transmettre à son enfant lorsque l’on doute soi-même de sa culture générale et que l’on perd systématiquement au Trivial Pursuit ? Dans ce nouveau spectacle, il s’interroge avec beaucoup d’autodérision sur une foule de sujets tels que les techniques de séduction, la gestion des ruptures amoureuses, les règles du vivre ensemble, le cinéma, la télévision, la musique, le système économique…
L’occasion pour lui et pour nous de rire de notre quotidien. Il s’amuse et nous amuse… Bref, DENIS MARÉCHAL joue !

Samedi 16 2015 /// 19h (ouverture des portes) > 20h30 (spectacle)
VINOCHOPE /// Perpignan /// 25€>30€ 

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