Family Piknik… day 1

Cela faisait un moment que nous entendions parler, au détour d’un festival, d’une soirée électro ou d’une discussion amicale, d’un événement a priori différent, loin des grosses machines du genre, à l’ambiance conviviale et à la programmation échappant aux diktats des modes. C’est donc avec un œil curieux qu’à la rédaction nous avons regardé cette programmation 2019, 8ème du nom pour cette Family Piknik sudiste imaginée par le dj Tom Pooks.  Sur le papier, rien à dire, le line-up, avec Carl Cox et Sven Vath en têtes d’affiche de la MainStage, Sasha et John Digweed en headliners de la deuxième scène et la présence, nouvelle, d’une “secret stage” cachée dans les sous-bois, avait de quoi nous mettre l’eau à la bouche et nous pousser vers la charmante bourgade de Montpellier et son Espace Grammont… D’autant plus que rares sont les festivals, pour ne pas dire quasi inexistants, où les moins de 15 ans et les plus de 55 ans sont invités, créant ainsi les conditions d’un large rassemblement intergénérationnel propice à une ambiance à la fois familiale et totalement festive. C’est donc forte de cette promesse induite que je décide de former un inédit – pour moi en tout cas – duo mère – ado pour couvrir ce festival et que, le cœur vaillant et portées par curiosité aventureuse, nous arrivons sur site à 16h30, quelques minutes avant l’ouverture officielle des portes. Premier constat, l’atmosphère est légèrement électrique entre problèmes de billetterie, agents de sécurité pas encore en place et bénévoles en plein rangement. Une situation vite remise d’équerre puisque vers 17h15, les portes s’ouvrent et chaque festivalier se voit remettre le traditionnel programme mais aussi, et là c’est nettement moins classique, un écocup gratuit preuve s’il en est que le festival a une démarche éco-responsable qui ne se fait pas au détriment du porte-monnaie du public.

 

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17h30, les premiers accords de Nicolas Moore retentissent alors que le public n’est pas encore réellement en place. Résultat, avec ses deux platines, son décor digital flamant rose et sa house/deep house, le deejay fait le bonheur de deux danseurs profitant pleinement de leur inespérée solitude. Moment idéal pour nous pour aller explorer le site sous un doux soleil de plomb, ses six bars, ses nombreux pins offrant une ombre bienvenue, son unique espace de restauration – étrange quand on a autant d’hectares à disposition – offrant finalement peu de choix aux festivaliers, et cette zone aux contours un peu flou où un espace VIP (surélevé et adossé à la scène) côtoie l’Espace Presse (sans wifi sans électricité mais avec 4 chaises, autant dire que nous sommes dans le Tiers-Monde !) et une zone, qui frôle l’arnaque, pour laquelle des festivaliers ont payé le double du prix normal. Pas de quoi normalement crier au scandale mais lorsque l’on dit que ce lieu est aveugle et ne dispose comme confort que d’un bar hors de prix et une “œuvre d’art” composée de trois hamacs en triangle, on se dit que le FDG n’est pas loin !

 

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En parlant d’acronyme, nous voici partant en direction de la scène pour y admirer la prestation du trio LKF Project, soit Adrien, Marc-Antoine et Michel qui, accompagné pour l’occasion d’un chanteur au flow tout doux, hypnotisant et légèrement psychédélique, mélange improbable entre Era et Evanescence. Une batterie électronique, un synthé, un bon Mac et une voix sublime, il n’en faut pas plus pour que cette deep house aux accents lounge et trance progressive trouve le chemin des cœurs et séduise la bonne moitié de festivaliers qui a fait le choix de rester devant la scène plutôt que d’être posé à l’ombre des pins. Le trio nous offre ainsi un magnifique moment sensoriel que je passe à photographier pendant que mon ado extasiée de commencer à découvrir cet univers si particulier.

Après cette mise en jambe toute douce, place aux choses “sérieuses” avec l’allemand Marc Romboy qui balaie le spectre de l’électro dans tous les sens, efficace à l’extrême et client sérieux dans la course à celui qui fera le plus bouger le public. A peine le temps de souffler que voici Johannes Brecht et son exploration électronique du plus effet, pas de gras, pas d’effet inutile, juste la pureté d’une musique maîtrisée et de beats destinés à faire tourner les têtes. Caché derrière son pupitre noir, le frenchie Agoria prend le relais pour dégoupiller un set house, techno et club  où la musique, pour le plus grand bonheur des sens, est mise en images par une création lumière extraordinaire. A lire les pancartes joliment décorées de petits cœurs qui fleurissent devant la scène, nombreux sont les festivaliers qui sont venus tout spécialement pour lui et son site peu entraînant et plutôt commercial. Un côté un peu mou qui va vite être balayé par la puissance et l’énergie du set de Matador empli de techno organique et dansante. Petit à petit la fin de la soirée se rapproche et avec elle le dernier set, celui d’Anna, seule djette de la soirée qui va emporter le morceau avec un set tout en finesse, en élégance et technicité. Explosive et lumineuse, Anna est de ces artistes qui vous retournent le cerveau et poussent les corps à bouger frénétiquement en quelques minutes seulement…

 

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C’est donc les yeux pleins d’étoiles et le corps légèrement fatigué que nous quittons le site, déjà excitées à l’idée d’un deuxième jour promettant au moins autant si ce n’est plus de belles sensations, de magnifiques vibrations…

A suivre… donc !