Jain – Awa Ly

JAIN

Né à l’encre des voyages, entre Dubaï et Toulouse, Pau et Pointe-Noire, l’univers de Jain nous incite à ouvrir grand nos oreilles et nos cœurs pour une balade envoûtante au cœur d’une pop s’étant acoquinée avec des couleurs vagabondes. Ecolière toute sage dans sa petite robe noire cerclée de blanc, presque timide et fragile, du haut de sa petite vingtaine, elle nous prend pourtant par la main avec l’assurance d’une habituée de la scène. Ce qu’elle est, elle qui pendant plusieurs années s’est frottée, avec sa seule guitare acoustique et son looper, au dur apprentissage des bars concerts parisiens et aux grandes scènes en première partie de Seal ou Christine and the Queen. Mélangeant avec talent et facilité pop et world, électro et folk, la voici qui nous affranchit de toute tentation de lui coller une étiquette, préférant de loin nous faire découvrir de nouvelles contrées, de nouvelles couleurs, en nous les proposant dans un album nomade, «Zanaka», qui passe d’un continent à l’autre sans heurt. Jain a passé six ans à peaufiner son opus, assemblant avec une redoutable efficacité les univers musicaux en compagnie de son producteur Yodelice. Un peu d’électro, un soupçon de reggae-dub, du hip-hop, un peu de soul pour mettre encore un peu plus de chaleur, des sonorités rappelant l’afro beat découvert au Congo avec les disques de Fela Kuti, Jain est une surdouée des mélanges, de la confrontation harmonieuse et de l’espièglerie musicale. L’enfant qu’elle est restée s’amuse comme une folle en nous offrant d’imparables singles, comme ce «Come» qui reste scotché sur toutes les lèvres depuis l’été dernier. Fruit du métissage des cultures et des sons, «Zanaka» fait sauter comme un bouchon de champagne – normal pour une musique aussi pétillante ! -, les barrières et les frontières entre les univers, nous emmenant à sa suite dans une melting-pop euphorisante et énergisante.

AWA LY

Rares sont les artistes dont la voix, dès les premières notes nous paient le billet pour un merveilleux voyage. Encore plus rares sont ceux et celles qui le font avec une sensualité et une délicatesse conjuguées en mode simplicité. C’est cet exploit que réussit Awa Ly avec son nouvel album “Five and a feather”, opus merveilleux porté par des mélodies soul et jazz, disque envoûtant parcouru par des vagues enivrantes où surnage un peu de folk, un peu de pop et quelques sonorités en provenance des Caraïbes. Doux comme une plume, l’univers d’Awa caresse nos cinq sens, nous plongeant, titre après titre, dans une sobre rêverie éveillée, tantôt passionnée, tantôt ouatée. De sa voix de velours, elle nous porte aux cimes d’un monde qui ne connait pas de frontières, pas de limites, qui s’enroule autour des nuages pour les colorier en rose, flotte au dessus des mers pour les apaiser et finalement nous ensorcèle mieux que n’importe quel incantation magique. Cette diseuse d’histoires sait comment faire groover ses mélodies, comment rendre ses notes audacieuses sans être orgueilleuses, invitant même quelques amis (de Ballaké Sissoko à Faada Freddy en passant par Greg Cohen) pour rendre le tout encore plus riche, encore plus enthousiasmant. Quelques morceaux et beaucoup d’amour offert plus tard, elle nous laisse, un peu croquis, la tête emplie de magnifiques images et le cœur revigoré par autant d’énergie donnée, de belles vibrations transmises. De quoi nous étourdir pour longtemps et nous donner la folle envie de se plonger à corps perdu dans les larmes que ses chansons déposent délicatement sur nos joues.

JAIN + AWA LY /// MERCREDI 27 AVRIL 2016 /// 20h
LE BIKINI – rue Théodore Monod – RAMONVILLE ST-AGNE (31)
25€