Kiko Goasse

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Kiko Goasse nous raconte son nouvel album…

Ton album s’appelle le sens de l’orientation, c’est parce qu’il t’arrive de perdre le nord ?
C’est plus compliqué que ça dans ma tête, c’est plus marcher au sud sans perdre le nord. En fait, c’était plutôt un petit clin d’oeil au fait que ça fait déjà trois ans que je travaille sur cet album et je voulais lui donner une direction différente de celle des deux premiers albums. J’espère avoir pas mal évolué depuis mon premier album en 2007 et je voulais vraiment me mettre en danger avec ce nouvel album.
J’avais plein de nouvelles choses à raconter parce qu’en trois ans, il y a eu des concerts, des changements de vie vu que je suis papa pour la deuxième fois et de jumelles en plus !
Pour moi, garder le sens de l’orientation, c’est savoir d’où l’on vient sans forcément savoir où on va, mais en reconnaissant les chemins qu’on ne veut pas emprunter. C’est aussi vivre et faire de choix qui permettent de se regarder dans une glace le matin, suivre ses convictions…

Et quelles sont tes convictions à toi ?
Que rien n’est constant dans la vie, excepté le changement. Mais aussi, que je ne fais de la musique que parce que j’ai la sensation de ne rien savoir faire d’autre et que je la fais pour le plaisir de partager et de rencontrer des gens ; je suis aussi porté par les valeurs que m’ont enseignées mes parents ou les personnes que j’ai rencontrées lors de mes études de psychologie ou même mes propres enfants qui m’apprennent beaucoup de choses, notamment sur moi-même. Le partage et la rencontre, ce sont vraiment ça mes moteurs.
Je suis très loin des valeurs commerciales ou mercantiles, je reste persuadé que je partirais dans ma tombe uniquement riche des rencontres que j’aurai faites tout au long de ma vie et qui m’auront nourri tout au long de ma vie.

Et finalement, l’essentiel pour toi, c’est…
D’être vrai. On est dans une société où il est rassurant de rentrer dans une case et où il est important de posséder des choses pour exister aux yeux des autres. Pour moi, il est important d’être soi quelque soit le regard que l’autre porte sur nous. Etre vrai envers soi-même et ce le plus souvent possible.

Pour en revenir au matériel comment on arrive à vivre financièrement de son art quand on est un artiste régional ?
Grâce au statut d’intermittent alimenté par les concerts que je fais.

Donc, en dehors d’une stature national, il est tout à fait possible de vivre en tant que chanteur et musicien professionnel…
Je refuse de me poser en exemple pour qui que ce soit mais je pense que, quand on veut devenir artiste, il y a une phrase qui me paraît adaptée : « Ils ne savaient pas que c’était possible alors ils l’ont fait ». Il ne faut pas se poser de question ou avoir peur, juste suivre son instinct. Au nom de quoi vaudrait-il mieux rêver sa vie plutôt que de vivre ses rêves ?
A la base, moi, j’ai fait huit ans d’études pour être psychologue spécialisée dans le développement de l’enfant et musico-thérapeuthe, j’avais mon cabinet et j’ai tout laissé tomber pour d’abord aller travailler dans la restauration… Je me rappelle très bien, c’était un dimanche matin, je faisais un extra en tant que serveur et il y avait un grand miroir entre la cuisine et la salle ; à chaque fois que je passai devant, je me regardai et je me disais : « ce n’est pas moi ça, ça ne me ressemble pas cette vie ». Ce jour-là, je me suis demandé ce que je voulais réellement faire de ma vie et je me suis dit que si je voulais faire de la musique, il fallait que je m’en donne les moyens. Et comme il n’y a pas de hasard, le lendemain soir, un ancien camarade de fac m’appelle et me dit qu’il est en train de réaliser son rêve, celui d’ouvrir un studio d’enregistrement et, qu’en échange de lui donner un coup de main, il me propose d’enregistrer un album.
Il est important de toujours suivre son cœur.
Le problème, c’est qu’actuellement, on ne vend pas des carrières artistiques aux gamins, on leur vend de la célébrité à travers tous les programmes de téléréalité. Moi, je n’ai jamais voulu être célèbre, je voulais juste faire de la musique.

Pour en revenir à ton album, je sais pas si c’est à cause du violon mais je lui ai trouvé des accents de Louise Attaque…
Ca, c’est quelque chose qui me suit depuis le premier album. En même temps, j’ai toujours été bercé par des artistes comme Brel, Violent Femmes, les Doors… Mais je pensais m’en être un peu éloigné en proposant d’autres sons, un peu électro. Pour le violon, c’est mon pote Mathias, celui du studio d’enregistrement, qui joue ; d’ailleurs pendant nos soirées étudiantes, on reprenait un peu de country, les Pogues… Donc entre la voix et le violon, forcément le lien Louise Attaque n’est pas loin !

Il y a une chanteuse aussi sur cet album…
Oui, elle intervient sur deux morceaux, « Luz de Luna » et « A nos adieux ». Elle s’appelle Dorine, elle est chanteuse de cabaret. Je l’ai rencontrée dans le studio d’enregistrement et quand j’ai entendu sa voix, je l’ai suppliée de venir la poser sur mes chansons. Au départ, « A nos adieux » devait être un trio avec David Tétard qui a, on y revient, collaboré notamment avec Louise Attaque et qui en est à son 5ème ou 6ème album solo, et avec une chanteuse autour de l’histoire d’une femme qui hésite entre deux hommes. Comme David était sur un autre projet de son côté, c’est naturellement devenu un duo avec Dorine. Encore une jolie rencontre autour de la musique…

Cali vient de faire participer sa fille à son dernier album, ça te tente de faire la même chose, un jour, avec tes enfants ?
Bien sur ! Déjà, mon fils Nolan est sur la pochette de l’album précédent. Pour les deuxième et troisième albums j’étais en double gestation, Nolan est né à la sortie du deuxième et mes jumelles à la sortie du troisième.
J’adorerai partager la musique avec eux s’ils en ont envie.

Tu as hâte de remonter sur scène ?
Oui, même si ça implique un trac monstrueux avant chaque concert !

Tu es traqueur à ce point ?
Oui, la peur me prend les tripes ; d’ailleurs, je ne mange jamais avant un concert, toujours après… Il ne faut surtout pas me parler avant, je m’enferme dans ma bulle pour gérer la peur. Je travaille beaucoup là-dessus. Et ça s’arrête net à partir du moment où je passe la sangle de la guitare, j’ai presque l’impression d’entrer en transe.
Parfois, quand je revois les enregistrements de certains concerts, comme la tournée Sud de France par exemple, je me vois raconter ma vie au public et je me dis : « j’ai osé leur dire ça ! ».

Mais de quoi tu as peur exactement ?
Probablement de me dévoiler, d’être moi-même vraiment. Sur scène, on ne peut pas tricher. Je me mets complètement à nu. Ca rend forcément très vulnérable, d’où la peur…

Le nouvel album de Kiko Goasse, Le Sens de l’Orientation, sortira le 5 mai prochain.

Retrouvez toutes les infos tournée sur le site de Kiko : www.kikomusiconline.com

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