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« La mort nomade » de Ian Manook

baware 20 novembre 2016 0
« La mort nomade » de Ian Manook
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L’histoire : Usé par des années de lutte stérile contre le crime, l’incorruptible commissaire Yeruldelgger a quitté la police d’Oulan-Bator. Plantant sa yourte dans les immensités du désert de Gobi, il a décidé de renouer avec les traditions de ses ancêtres. Mais la retraite sera de courte durée. Deux étranges cavalières vont le plonger bien malgré lui dans une aventure sauvage qui les dépasse tous. Eventrée par les pelleteuses des multinationales, spoliée par les affairistes, ruinée par la corruption, la Mongolie des nomades et des chamanes semble avoir vendu son âme au diable !
Des steppes arides au cœur de Manhattan, du Québec à l’Australie, 
un puzzle sanglant se met en place qui va bouleverser l’existence des uns et des autres,  créer des légendes et sceller le destin de tous !

L’auteur : Journaliste, globe-trotter dès l’âge de 16 ans, Ian Manook, alias Patrick Manoukian, a publié en 1978 pour les éditions Beauval deux récits de voyage : « D’Islande en Belize » et « Pantanal ». Il a également signé les scenarii de trois bandes dessinées humoristiques aux éditions Semic et Hugo & Cie, éditeur chez lequel il a écrit l’un des tomes de la saga des Bertignac pour la jeunesse. En 2013, il publie le roman policier « Yeruldelgger » chez Albin Michel,  aventures qui vont lui apporter  pas moins de seize prix.  Le second tome des aventures de Yeruldelgger « Les Temps sauvages », est paru en 2015 et a été lui aussi récompensé.

   

Avec « Yeruldelgger » et « Les temps sauvages », Ian Manook a posé les bases d’une saga pouvant durer quasi éternellement. Un héros taille xxl, des paysages et des intrigues plutôt originales, une plongée agréable et enivrante aux confins de cette Mongolie qui nous est si étrangère, tous les éléments étaient réunis pour nous captiver longtemps. On pouvait donc s’attendre très légitimement à retrouver ce héros hors norme dans de nouvelles aventures sombres et décalées, aux prises avec un monde où les traditions ancestrales, pour violentes qu’elles soient, doivent être respectées et expliquent, à défaut d’excuser, nombre de comportements déviants ou criminels. Homme et policier en colère, Yeruldelgger est de ces personnages que l’on suit avec circonspection, hésitant en permanence entre admiration, adhésion et rejet. La surprise est donc grande de voir cette « Mort nomade » débuter sous le signe d’un humour pour le moins déroutant, un langage cru qui décale d’emblée la série vers une zone à laquelle nous n’étions pas habitués. Pour peu que l’on fut friand du côté sombre voire ténébreuse de l’atmosphère des deux premiers romans, ce parti-pris déroute et, dans notre cas, atténue le plaisir que l’on s’apprête à prendre. Fort heureusement, ces premiers chapitres entre gaudriole et sens exacerbés laissent vite la place à cette réalité qui, depuis le début, contrarie fortement l’existence de notre ex policier de choc. Qui plus est, en ouvrant des intrigues annexes, quoique rejoignant peu à peu la ligne droite du destin de Yeruldelgger, Manook reprend la main et nous replace dans ce mouvement rapide qui nous avait tant séduit dans les deux premiers opus. Surtout, il revient à ce fond géopolitique qui permet à l’enquête policier somme toute classique de prendre une toute autre dimension. Chapitres courts, écriture nerveuse, personnages imaginés avec une précision chirurgicale même dans leurs approximations ou dans leur folie, le livre, une fois passé l’entrée en matière que l’on imaginerait presque narrée par quelqu’un d’autre, prend sa vitesse de croisière et nous pousse à tourner frénétiquement les pages pour voir où il a décidé d’emmener ses protagonistes. D’autant que Manook semble décidé à clore sa trilogie de la façon la plus violente qui soit, effaçant personnage après personnage, avec un malin plaisir, coupant les ponts de sa propre narration pour mieux s’affranchir d’une série qu’il a initié.  En nous emmenant une nouvelle fois dans les steppes de Mongolie, tout en ouvrant des pistes et en créant de nouveaux personnages de l’autre côté de l’Atlantique ou en Europe, Manook signe une fois de plus un beau et grand roman d’aventures policières, un thriller qui nous donne notre dose de frissons tout en nous ouvrant les yeux sur quelques pratiques économico-politico-mafieuses qui, trop loin de nous, nous sont la plupart  du temps totalement inconnues. De quoi nous donner envie de retrouver rapidement le ténébreux Yeruldelgger pour de nouvelles enquêtes ou de nouvelles aventures sous un nouveau statut…

IAN MANOOK – « La mort nomade »
Albin Michel /// 428 pages /// 21,90€ (broché) – 14,99€ (eBook)
sortie le 28 Septembre 2016

 

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