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« Les enfants de Toumaï » de Thomas Dietrich

baware 3 janvier 2016 0
« Les enfants de Toumaï » de Thomas Dietrich
Mise en page 1

Emmanuel et Sakineh viennent tous deux du Tchad. Elle est musulmane, issue d’une famille de haut rang. Lui est un étudiant pauvre, un doux rêveur idéaliste qui a troqué la foi chrétienne de sa mère pour le Petit Livre rouge de Mao. Ils se rencontrent au Caire. Lui fuit son pays, pris au piège de jeux politiques qui le dépassent, elle est l’esclave de sa sœur aînée et de son frère, et s’apprête à être mariée contre son gré. Leur amour impossible empruntera dès lors toutes les routes de l’exil, de l’injustice – notamment celle faite aux femmes – mais aussi de la foi en l’autre et de l’amour…

Thomas Dietrich aime visiblement l’Afrique, les parcours plus ou moins chaotiques et ces destins qui se brisent sur le mur de la réalité. Dans son premier roman, « Là où la terre est rouge », il plongeait son héros, Icare, jeune français pris au piège d’un mensonge, au cœur d’une révolution sanglante, l’emmenant page après page vers un inéluctable destin. Surtout, il nous faisait toucher du doigt avec un talent fou cette Afrique qui est inconnue à la plupart d’entre-nous.
Un second roman est toujours une étape un peu délicate, risquée. On a régulièrement vu des auteurs succomber au piège de la redite ou, par effet de bascule, partir dans une direction opposée et non maîtrisée juste pour prouver qu’ils sont capables de faire autre chose, et dans les deux cas échouer. Thomas Dietrich, lui, ne semble pas s’être posé de questions et, tout en s’éloignant radicalement du sujet de son premier livre, a su rester sur une terre connue pour ciseler un nouveau récit envoûtant. lus ambitieux, le voici qui s’attaque dans « Les enfants de Toumaï » non plus à un mais à deux destins brisés, ceux deux êtres perdus dans un monde trop grand pour eux qu’une errance va faire se croiser et s’aimer. D’un côté, celui d’un jeune idéaliste, Emmanuel, obligé de quitter le Tchad du fait de son admiration aussi totale que naïve pour l’aventure maoïste, et de prendre le chemin de l’exil vers la terre promise qu’est la France.  De l’autre, celui de Sakineh, jeune fille promise à l’esclavage éternel, de son père à ce mari choisi pour elle et pour qui elle ne sera qu’un objet parmi d’autres, une jeune fille qui pourtant rêve et s’évade en dessinant le monde qui l’entoure. Le talent de Thomas Dietrich est savoir nous plonger en quelques pages seulement en empathie avec ses deux personnages, nous faire vibrer à leurs aventures, pourtant la plupart du temps tragiques, tout en nous offrant une vision non fantasmée de l’Afrique. Un continent et des pays qui nous sont, à plus d’un titre, étrangers et qu’il nous fait découvrir dans ce qu’ils ont de plus banal, de plus quotidien, avec ses petites lâchetés et ses grands problèmes, sans a priori et sans complaisance. « Là où la terre est rouge » pouvait, ici ou là, nous laissait penser que Dietrich pouvait se laisser porter, emporter par son imagination et sortir du chemin balisé du réalisme. Ici, rien de tout cela car Thomas Dietrich a fort justement laissé son récit à hauteur humaine, choisissant de suivre plutôt que d’anticiper, même lorsque le drame s’installe et transforme des vies difficiles en tragédies. Mais, malin, il inverse aussi le sens du voyage. Dans son premier roman, Icare partait de France pour aller en Afrique. Là, Sakineh et Emmanuel vont, après moult péripéties, se retrouver dans l’hexagone, devenu pour eux non pas une fin, une terre promise, mais une nouvelle étape dramatique qui les conduira vers un ailleurs pas forcément plus enthousiasmant.
Avec « Les enfants de Toumaï », Thomas Dietrich confirme tout le bien que l’on avait pu penser de son premier roman et, avec son style simple mais efficace, cette chaleur et cet amour qu’il ressent pour ses personnages, cette capacité inouïe à nous transporter et nous faire entrer en communion avec ces mondes si éloignés du notre, s’installe pour longtemps au cœur de notre bibliothèque de rêve ».

THOMAS DIETRICH – « Les enfants de Toumaï »
Albin Michel /// 278 pages /// 19,50€ (broché) – 13,99€ (eBook)
sortie le 7 janvier 2016

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Du même auteur : « Là où la terre est rouge »

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