Lili Charles – “L’heure n’est plus au doute”

Même si l’effet est des plus faciles, utilisons-le au moins pour cette fois-ci… Oui, l’heure n’est plus au doute, nous avons trouvé une perle rare dans le spectre actuel de la chanson française !… Oh, je vous vois arriver avec vos grands sabots circonspects, je vois bien que vous trouvez cette entrée en matière un brin exagérée. Pourtant, avec ce premier album foisonnant, immodestement intitulé (donc) “L’Heure n’est plus au doute”,  les perpignanais de Lili Charles ont réussi un sans faute, ni plus, ni moins.  Soit dix titres qui savent parfaitement alterner entre douceur et fureur, entre délicatesse et atmosphère sombre, dix chansons portées à deux voix, celle d’Aurélie, suave et cajolante, celle de Charles, plus rugueuse, plus rageuse, que l’on sent prête à libérer une énergie trop longtemps contenue. Dans leur monde, on parle d’amour, beaucoup, tout le temps ou presque, mais de ces amours difficiles, désespérées, tragiques même parfois. Et si parfois (mais pas souvent) un rai de lumière semble vouloir percer le lourd manteau de pessimisme qui enrobe les sentiments, c’est pour mieux, très rapidement refermer la fenêtre et nous renvoyer dans les affres de sentiments dévastés. C’est d’ailleurs là, peut-être, que se trouve la plus grande force de Lili Charles, dans ce contraste incroyable entre des voix pour le moins envoûtante et des mots d’une certaine dureté. Un contraste, comme quoi tout n’est pas totalement dû au hasard, que l’on retrouve dans les mélodies de cet opus, savant mélange entre sobriété et débordements, douceur et sauvagerie. Du rock et de la chanson, des mots pour des maux d’amour, ou inversement, un homme et une femme, frère et sœur réunis par une même passion, faire bouger les lignes et les corps. Comment, dès lors, ne pas succomber à ces fleurs jumelles faites d’un acier en fusion, à ces diamants bruts passés jusque ici sous les radars de nos sens curieux. Avec ce premier album, Lili Charles entre directement dans la cour des grands et, si toi public curieux tu n’es pas trop avare de louanges mérités, pose la première d’un édifice qui pourrait bien s’élever très haut !