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Matmatah… Des mots pour la route…

baware 24 novembre 2017 0
Matmatah… Des mots pour la route…

On se rappelle tous avoir chanté sur les titres cultes de Matmatah, groupe phare des années 90 qui avait su, en son temps, créer une convivialité et un univers qui lui était propre. En quelques toutes petites années, l’alchimie s’était faite entre eux et leur public, à grands coups de concerts ultra-festifs et d’albums aux fabuleuses nuances. Qui n’a pas, un jour ou l’autre, chantonné joyeusement en écoutant « Lambé an dro » ou autre « Apologie » ?… Après 5 albums, un beau succès public, les bretons avaient décidé de se mettre en pause. Aujourd’hui, les voici de retour avec un nouvel album et une tournée marathon pour partager toutes ces vibrations dont ils ont fait le plein au long des années. A quelques encablures du port de Perpignan, il était logique que nous prenions rendez-vous avec Eric, le bassiste ancestral du groupe, afin qu’il nous parle un peu plus avant de ce nouveau départ.

Après neuf ans d’interruption, la « marée haute » vous a ramenés avec un album et une tournée… Qu’est-ce qui vous a poussé à remettre les voiles ?
Notre carrière est riche de concerts, d’albums et d’excellents souvenirs avec, pour moteur principal, notre sincérité. Nous nous sommes toujours dit que l’on travaillait ensemble selon notre envie : une envie de jouer à l’unisson, d’écrire et de partager avec le public. Donc, à partir du moment où il y eu des tensions humaines et artistiques dans la première formation, il nous a paru évident qu’il valait mieux stopper là, afin de ne pas perdre cette sincérité et ce feu sacré qui nous anime musicalement. Chacun des membres a continué son chemin vers d’autres créations. Nos deux frustrations restaient tout de même qu’aucun album de compil n’avait vu le jour et ce sentiment d’histoire inachevée sur un vécu intérieur.
A l’occasion de l’anniversaire célébrant le vingtième anniversaire de la création de Matmatah, nous nous sommes dit que le moment était venu de créer cet album rétroviseur. On se rappelle tous de ses coffrets mémoires avec des goodies, des photos en coulisses qui trônaient fièrement dans nos armoires. C’est ce désir de créer ce symbole qui nous a animés. Grâce à un travail d’archivage, nous avons replongé dans ce passé commun, riche en émotions. Et de la question : « mais pourquoi on s’est arrêté ? », nous sommes arrivés à : « mais pourquoi on ne recommencerait pas ? ». Dans ce double best of, nous voulions mettre une chanson cachée, un que nous aurions trouvé dans un placard, sous la poussière, mais il nous manquait un guitariste. Nos yeux se sont tournés vers Emmanuel Baroux et le dépoussiérage fut immédiat.

Est-ce que vos motivations d’hier, des débuts, sont les mêmes que celles que vous avez aujourd’hui ?
On s’est surpris comme des «crétins», à s’éclater avec ce nouveau membre dont la touche personnelle humaine et artistique collait extrêmement bien à ce que nous avons toujours été. Nous nous sommes pris au jeu,  avons passé beaucoup de temps ensemble, en vacances au Maroc pour commencer (j’ai même un dossier audio sur mon tel avec 27 bouts de chansons), puis en studio. On souhaitait écrire un nouvel album tous ensemble mais pour y parvenir,  il nous fallait d’abord nous «mettre à nu» pour être sincère. Après ce travail et avoir posé dessus un constat positif, nous nous sommes mis à l’écriture, les textes sont apparus sur les claviers et cette nouvelle aventure a commencé.

Lorsque vous avez entamé l’enregistrement du nouvel album, puis lors de vos premiers concerts, vous avez ressenti quelles émotions ?
Cela nous a fait l’impression d’une reprise de la boucle temporelle, un espace temps où les années sont restées en suspension. Nous avions l’impression d’avoir jouer la veille. Nous n’étions pas sereins pour autant. Revenir avec un nouvel album après des années sous silence, on ne sait jamais comment le public va nous accueillir. Et il s’avère que les anciens auditeurs ont répondu présents et que la nouvelle génération se fiche de connaître notre âge, ils aiment juste notre musique.

 
Le titre de votre album : « Plates coutures ». Son expression a été utilisée au théâtre, dans la farce du XVII siècle. Le personnage du tailleur, prétextant qu’un autre personnage était «mal fagoté», écrasait les coutures saillantes en frappant vigoureusement le pauvre client à l’aide d’une latte. Aujourd’hui, l’expression correspond à «l’emporter haut la main». Est-ce un clin d’œil à votre nouveau départ ?
Les chansons découlent soit d’un thème, soit d’une expression. Stan, qui écrit la plupart de nos textes, à apporté les paroles de « Marée haute » afin de dénoncer la récurrence des scandales politiques et ce ras-le-bol général d’être représenté par des personnes qui n’en sont pas dignes. Pour « Plates coutures », c’est la sonorité qui l’a emporté. Dans notre génération, lorsque l’on évoquait une chanson, on pensait d’abord à son identité, à toute ce que cela transportait comme émotions, comme valeurs, et non au patronyme du groupe. Voilà l’importance d’un bon titre !
Dans cette optique, celui-ci nous a paru pertinent, porteur d’un message immédiat. Ainsi que la dualité de sons sens : on peut battre à plate couture ou on peut être battu à plates coutures. C’est à double tranchant comme notre retour après autant d’année de silence. Alors en plus du titre de la chanson, ce terme semblait être une évidence, pouvait sans problème devenir l’emblème de notre cinquième album.

Est-ce que vous diriez que votre façon d’écrire, d’envisager Matmatah et ce qu’il procure au public, a changé entre « La ouache » et « Plates Coutures » ?
L’expérience nourrit forcément le groupe. Comme, humainement, nous n’avons pas changé, les retrouvailles ont été à la fois sous le signe de l’inconscience du premier album et de cette maturité que nous avons acquise au fil du temps. Nos habitudes d’écriture, de composition, de présence scénique n’ont fait qu’accentuer ce constat.

La composition, l’écriture de cet album ont-elles été plutôt simples ou cela a t’il été compliqué de s’y coller à nouveau ?
Ce qui a été plaisant c’est de placer harmonieusement une quatrième roue à notre véhicule. Un quatuor riche de diverses couleurs musicales, c’est un équilibre homogène. Pour étaler ses tripes sur un disque ou sur scène, il faut avoir vécu des anecdotes, des instants mémorables, des blessures aussi, afin de les raconter au public. Et cette pause nous a offert cette opportunité. Lors de nos retrouvailles, nous avons échangé sur notre parcours, nos opinions sur le monde, notre environnement et l’évolution de la société. Cette matière précieuse a permis d’alimenter cette machine. En utilisant toutes nos connaissances, combinées aux nouvelles technologies, nous avons pu créer un album authentique, qui nous ressemble.

Votre écriture semble un peu plus sombre, un peu plus pessimiste, que dans les années 90, ne serait-ce que par les thèmes que vous abordez, l’impact de la société actuelle influence t’elle cette couleur ?
Nombreux sont les artistes de référence tels que Bob Dylan, David Bowie, les Beatles, qui ont été les témoins de leur génération, micro à la main pour exprimer leur citoyenneté au sens noble, en évitant le nombrilisme et les banalités et en incluant des valeurs afin de prendre la parole pour un public. Donc oui, tous ces constats ont un impact sur notre production. Tout ce qui se passe en ce moment nous touche. Alors, sans tomber dans le prosélytisme ou dans la démagogie ,notre souhait était de proposer l’avis de quatre bonshommes autour d’une table qui échangent sur un sujet. En 98, la France était championne du monde de foot, notre album est à cette image, composé de chansons légères, teinté de festivité. Aujourd’hui, nous sommes parents, nous avons perdu des proches, nous avons vécu des mariages et des divorces. Notre regard sur le monde à changé en plus d’avoir évolué. Nos albums sont forcément des polaroids de ce que nous sommes à l’époque où nous les enregistrons.

Après avoir parlé à toute une génération, vous n’avez pas eu peur de ne pas trouver les mots pour en capter une nouvelle ?
Franchement, au départ on ne savait pas où l’on allait. Des gens qui connaissent superficiellement un collectif de musiciens, il y en a plein. L’histoire d’un groupe démarre toujours par une chanson phare. La notre est bien sûr  «Lambé an dor ». Parfois l’aventure décolle, parfois malheureusement, elle reste sur le tarmac. En étant diffusé à la radio avec des titres issus des différents albums comme « Emma », « La cerise » ou « Nous y sommes » qui n’ont aucun lien entre eux, on sait que cela peut dérouter le public qui nous découvre. Lors de nos concerts, si on joue « Lambé An Do », dont la sonorité est plutôt celtique, et que l’on enchaîne avec « Emma », en observant les spectateurs, on s’aperçoit que la réaction récurrente est : « ah, mais c’est eux, ça aussi ? « . Forcément, les musiques sont intemporelles, traversent les époques et il est fréquent d’en oublier les auteurs.

En presque 10 ans, l’industrie musicale a beaucoup changé, ne serait-ce qu’à cause de la prédominance de la distribution digitale aujourd’hui, des réseaux sociaux… Est-ce que tout cela change quelque chose pour vous ou finalement est-ce que vous faites «comme avant» ?
Oui, cela change forcément les choses mais ça a toujours été le cas. Lors de nos débuts, nous étions en pleine transition entre vinyle et cassette. Puis l’arrivée des lecteurs CD  nous a fait travailler sur un nouveau support. Ensuite ce fut l’ère du téléchargement. Aujourd’hui, le support physique est quasiment inexistant. Il faut constamment se réinventer et suivre la technologie pour être entendu. L’important est l’accès à la musique plus que son support. La seule vérité pour la réussite est la réaction des spectateurs dans les salles. Finalement, nous sommes revenus à l’essence d’un musicien : l’écoute active. Si la personne qui vient nous écouter en concert a passé un bon moment, elle souhaitera nous découvrir et en savoir plus sur l’histoire de Matmatah. Aujourd’hui, ce qui nous importe est l’enthousiasme de nos auditeurs.

On se doute que lorsque vous monterez sur votre « toboggan » pour vous élancer vers le Mediator à Perpignan, la colonne vertébrale du concert sera constituée des titres de « Plates Coutures » mais y aura t’il toujours une petite place pour une apologie ou un petit tour à Lambé ?
En établissant notre check-list de concert, nous avions l’embarras du choix avec nos précédents albums. En ayant à cœur de jouer selon nos envies avec la réception imparable du public renvoyant sur nous la transcendance du plaisir. Nous n’apprenons plus grand chose avec des chansons comme « Lambé » et pourtant, à chaque fois, la réaction est la même. Un retour en arrière dans une France championne du monde, une ferveur qui revient. Le son est accouplé à une sensation. Alors sur cette tournée, nous mettons en avant ce nouvel album en réinitialisant les compteurs. Mais nous laisserons malgré tout une place à ces morceaux qui nous on fait connaître et qui ont marqué leur temps. Nous sommes heureux de revenir jouer à Perpignan pour un public qui a choisi de passer un temps musical à nos côtés.

Maintenant que vous êtes de retour, pour de bon… Comment voyez-vous l’avenir de Matmatah ?
La compréhension fut rapide sur l’évidence de notre plaisir à jouer ensemble, alors pourquoi s’arrêter là ?…  Nous avons la chance d’avoir un répertoire, un parcours artistique et des expériences humaines très fortes. On se calle déjà des périodes de création pour un prochain album. C’est l’un des plus beaux métiers du monde pour nous, griffonner sur du papier, tâtonner des accords sur une guitare pour être écouté par des milliers de personnes. On dit souvent qu’on n’a pas forcément de mérite mais nous ne sommes pas déméritants. Chaque texte est réfléchi. Alors, qu’est-ce qu’on peut demander de plus ?… Créer pour être entendu n’est-ce pas là, le bonheur d’une société en pleine santé.

interview : Liza Brume

Première Partie : FELOCHE

MERCREDI 06 DÉCEMBRE /// 21h
EL MEDIATOR – Avenue du Général Leclerc – PERPIGNAN
25€ > 28€
réservations : 04 68 62 62 00

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