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St-Cyp en live épisode 1 : Dab Rozer / Supamoon / Leggings

baware 12 juillet 2016 0
St-Cyp en live épisode 1 : Dab Rozer / Supamoon / Leggings

L’été, on le sait depuis une décennie déjà, les amateurs de musique plutôt bruyante ont un rendez-vous du côté d’Argelès qu’ils ne manqueraient pour rien au monde. Depuis l’an dernier toutefois, Saint-Cyprien s’est posé sur cette route musicale avec un festival différent, à taille humaine, un rendez-vous hebdomadaire – en soi une gageure ! – qui donne la parole aux artistes émergents, qu’ils soient du département ou viennent de plus loin. Ici, point de notion pécuniaire, la scène est ouverte aux quatre vents, délicatement posée sur la Place de Marbre. Ici, on se pose un instant ou plusieurs heures, on va et on vient, on danse ou l’on profite du moment qui passe. Ici, on passe de découverte en découverte, on se laisse porter par la vague, le sourire aux lèvres et les yeux qui vagabondent.

Deuxième édition, donc, avec plus de dates, plus d’artistes et, par voie de conséquence, la possibilité de prendre encore plus de plaisir. Et puisque de bonheur il est question, les trois groupes chargés d’ouvrir le bal de cette deuxième édition avaient sur le papier de quoi nous procurer quelques belles sensations. Inutile de faire durer le suspense, leurs prestations ont été largement, voire supérieures, à nos attentes, nous offrant la confirmation de tout le bien que l’on pensait déjà d’eux.

Ainsi du premier par ordre d’arrivée à l’écran, Dab Rozer. Nous l’avions découvert lors des Déferlantes 2015 et, déjà, son univers nous avait attiré. On a beau coller à Nicolas et son crew une étiquette hip hop, c’est bien autre chose qu’ils nous proposent. Un voyage paisible entre jazz et rap, des textes qui font sens sur des mélodies qui jamais n’agressent, Dab Rozer défriche une zone musicale qui n’appartient qu’à lui, qui semble faite exclusivement pour lui. Et là, sur cette place entre chien et loup, l’effet est maximal, on s’envole au fil du flow, jouant à saute-mouton avec les mots pour s’étourdir de cette poésie que l’on n’ose plus appeler urbaine tant le terme est galvaudé. Loin des fracas des clashes qui lassent, Dab Rozer nous entraine à sa suite, épaulé avec talent par un crew de rêve son alter ego chanteuse en tête, dans une douce balade groovy, un parcours du kif en mode total. En contre-pied absolu des idées reçues qui imaginent que le hip hop se dessine obligatoirement à grands coups de punchlines crétines et clivantes, Dab Rozer lui propose des titres qui enrobent et font rêver, procurent de belles sensations et parent le ciel cyprianenc de fort belles couleurs.

A peine le temps de se poser en terrasse pour prendre un verre que voici que déboule nos petits chouchous Supamoon. Là, forcément, si vous suivez plus ou moins régulièrement nos interventions légères comme une plume au vent, vous vous dites que nous allons une fois de plus nager dans le superlatif. Et vous avez raison !… Une fois de plus, Claudia, Arnaud et Pascal ont réussi l’incroyable prouesse de nous embarquer dès les premières notes, de nous faire quitter cette Place de Marbre ouverte aux quatre vents pour nous transporter dans un autre univers, un monde onirique aux couleurs chatoyantes, un espace temps différent où chacun peut s’évanouir, se fondre dans un éther délicat et ouaté. De sa voix puissante et envoûtante, de rouge vêtue comme pour agiter une banderille sonique devant nos yeux, Claudia et ses complices déroulent un set flamboyant, qui sait à la perfection se faire furieux ou tendrement planant, des titres qui nous touchent directement de leurs flèches sensorielles. Pas de doute, même si, avouons-le, nous sommes perdus pour la cause et définitivement fans, Supamoon a une fois de plus conquis les cœurs et les esprits, pourtant pour la plupart en terrain inconnu, preuve s’il en était, que le trio est l’une des futures valeurs sûres de notre terroir musical.

Forcément, clore le bal après un tel concert pouvait paraître mission quasi impossible !… Pourtant, avec la foi de ceux qui ne craignent rien ni personne, les deux énergumènes de Leggings ont relevé le gant et de fort belle manière. Sans fioritures, sans effet inutile, en posant d’emblée les termes d’un set fait d’énergie et de rage, Olive et Alban ont secoué Saint-Cyprien de leurs morceaux rentre-dedans. Une batterie, une guitare, une voix habitée et profonde, il n’en faut pas plus au duo pour faire bouger les têtes et les corps. Peu importe dès lors que la nuit se soit installée confortablement, qu’une vague improbable de moucherons vienne troubler la quiétude corporelle d’un public conquis par leur déluge de décibels parfaitement maîtrisés, que la fatigue peu à peu essaie de s’imposer, les morceaux s’enchaînent, aussi implacables que généreux, aussi furieux qu’enthousiasmants. A ces deux-là, tout sera pardonné à n’en pas douter, tant ils ont cette capacité à nous embarquer dans leur monde sans le moindre effort, sans la moindre difficultés.

Trois groupes aux univers différents, ô combien différents, trois propositions qui auraient pu, qui sait, s’entrechoquer et voir leurs bénéfices s’annuler. Pourtant, aussi improbable que ce fut, le choix de programmation était judicieux, cohérent et donc réussi. Résultat, cette première soirée du festival St-Cyp en Live fut une réussite pleine et entière, une entrée en matière parfaite pour un mois de bonheur indie, un mois complet – voire un peu plus puisque le festival finit le 19 août ! – pour s’affranchir des frontières auditives et se frotter à des univers peu présents dans notre année musicale. Rien que pour cela, on sait qu’on sera fidèles au poste, présents chaque mercredi soir devant cette scène différente et totalement indispensable au milieu des grosses machines de l’été.

Photos : Isabelle Faubert
Report : Thierry Claudel

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