Betty Bonifassi / Ko Ko Mo / Datcha Mandala

Episode 4 pour le festival St Cyp en live et vraie montée en puissance – un petit exploit vu que les trois premières soirées ont largement tenu leurs promesses et nous ont offerts de vrais beaux moments live ! – avec trois propositions d’univers quasiment aux antipodes les uns des autres et, pourtant, dans l’émotion se rejoignant pour nous secouer, nous filer des frissons incommensurables et nous coller des étoiles dans les yeux pour un bon moment…  Alors, mercredi, ça commence à 21h, ne soyez surtout pas en retard !

BETTY BONIFASSI

Une vague d’émotions pures qui nous submerge et balaie tout sur son passage, un univers à la fois douloureux et tendre, fait de douceur et de révolte, de chaleur humaine et de notes qui swinguent, Betty Bonifassi est de ces artistes rares qui nous bouleversent autant qu’ils nous enchantent. Passant du blues au rock, du gospel au jazz, de sa voix vibrante, explosive et profonde, elle rebat les cartes du blues rock en lui insufflant une ardeur et une profondeur qui le rendent incandescent. Passionnée et intense, Betty est partie un jour en direction du Canada et nos cousins, sûrement plus malins que nous, ont refusé de la laisser partir, la gardant – presque – pour eux seuls. Il faut dire qu’elle a de quoi donner quelques beaux frissons émotionnels lorsque, en quelques mélodies envoûtantes, elle nous emmène faire un voyage sensible, engagé et profond, entre complaintes mélancoliques bluesy (un pléonasme ?!) et tempêtes rock, au cœur d’une histoire tragique – celle de l’esclavage – paradoxalement empreinte d’espoir. En transformant ainsi sa musique en émouvant hommage aux combats du passé – et surtout à ceux qui les ont menés ! -, Betty Bonifassi nous fait le plus beau des cadeaux, celui d’un monde organique à haute densité émotionnelle, d’un trip sensoriel et mémoriel dont on ne se remet pas tout à fait et qui, longtemps, nous laisse quelque humidité au coin des yeux…

KO KO MO

Ce n’est un scoop pour personne, certains artistes, certains groupes, savent mieux que quiconque faire rimer spontanéité et liberté. Tenez par exemple le duo nantais Ko Ko Mo !… Sans faire de bruit autre que ceux produits par sa musique, il a su trouver l’alchimie parfaite entre guitare adorant jouer les funambules et batterie adepte des chevauchées fantastiques, entre sonorités tout droit issues des années 70 et rock aimant se perdre dans de furieuses lignes courbes. Surprenant mélange qui, à force de générosité et d’inventivité, a su conquérir en quelques mois les salles hexagonales. Pas un étonnement non plus tant la fougue et la folie dispensée sur scène par ces deux-là fait que l’on ne peut que se faire embarquer à toute vitesse dans leur grand huit électrique. Comme une onde magnétique bousculant tout sur son passage, et surtout les oreilles mal préparées à tel déferlement sonique, en se jouant des cases et des formats imposés par la norme, Ko Ko Mo s’est positionné comme l’une des futures valeurs sûres du rock… De quoi vous donner envie, si cela n’est déjà fait, de les découvrir et de partir en leur compagnie en direction du septième ciel !

DATCHA MANDALA

Sans contraintes et sans peur, Dätcha Mandala  a pris le risque d’appeler à la rescousse des sonorités que l’on croyait disparues depuis Led Zeppelin, Jimi Hendrix ou Black Sabbath. Talentueux et surprenants, ces trois musiciens précoces sont tombés dans la marmite d’un rock psyché tout droit sorti des années 70 et le moins que l’on puisse dire est qu’ils en maîtrisent les codes. Puissance des guitares, voix transcendante, énergie folle, Nicolas, Jérémy et Jean-Baptiste ne s’embarrassent pas de fioritures pour nous transporter, ils font du blues rock comme on respire, sans y penser, sans se poser de questions. Leurs compositions sont à l’envi, directes, efficaces, avec cette petite touche spirituelle supplémentaire qui nous fait tendre une oreille pourtant blasée. Alchimistes doués, les Dätcha Mandala ont peut-être bien trouvé le formule idéale pour nous entraîner au nirvana musical, du son, de la sincérité et une énergie communicative. De quoi nous donner envie de nous rafraîchir un peu sous le vent “doux” d’un heavy blues qui donne envie de danser et hurler en chœur les refrains incandescents.

FESTIVAL SAINT-CYP EN LIVE
MERCREDI 27 JUILLET 2016 /// 21h
Place de Marbre – SAINT-CYPRIEN
GRATUIT