Les Hurlements d’Léo – Bob’s Not Dead

LES HURLEMENTS D’LÉO chantent Mano Solo

Par un triste mois de janvier 2010, nous nous réveillâmes orphelins de l’une des voix les plus exigeantes et profondes de la scène française. En vingt ans, Mano Solo avait, en marge d’un système qu’il critiquait avec force et virulence, eu le temps de nous convertir à sa foi révolutionnaire, cette volonté de tordre en douceur le bras à tous ceux pour qui l’essentiel est le pouvoir et le fric. Avec cette marmaille nue qui l’accompagnait fidèlement au gré de ses concerts, albums et revendications, Mano Solo a tracé un chemin incomparable, différent de ce que l’industrie mainstream peut nous asséner au quotidien. Un peu de chanson, de jazz, du rock et de la musette, un esprit punk et anti-conventionnel, Mano était de ces artistes rares qui nous touchaient profondément sans jamais choisir la voie de la facilité, sans jamais nous caresser dans le sens du poil, loin de là.
Forcément, cinq ans plus tard, il fallait bien que quelqu’un se mette en tête de continuer à porter haut le drapeau de cette rage rock que pouvait véhiculer le frère misère. Ce quelqu’un, tant qu’à faire, autant que ce soient les trublions des Hurlements d’Léo, aventuriers de toutes les causes musicales, capables de se fondre mieux que quiconque dans les univers les plus forts, les plus engagés. Logique donc de les voir, en petits frères rock, prendre à bras le corps le répertoire de Mano Solo pour lui offrir un peu de rab, une vie en plus. Frondeurs comme pouvait l’être Mano, ils sont partis sur les routes pour continuer à faire vivre ses textes d’une rageuse lucidité, écorchés et intenses.Un vingtaine de titres, parfois voire souvent jamais repris, pour ne pas se résigner à voir disparaître ce répertoire qui chante haut et fort, qui lève le poing pour ne pas laisser entrer les fascismes de tout poil. Entre brûlots sauvages et sensualité débordante, Les Hurlements d’Léo se fondent dans la diversité de Mano Solo, chantent la rébellion et la joie, la fraternité déchirée et ces bouts de chemin partagés. Avec un immense respect, qui n’induit d’ailleurs pas la liberté de s’aventurer vers des sonorités différentes de celles imaginées par leur créateur, les chansons qui revivent ici, en mode intime ou ample, nous bousculent et nous renvoient à ce passé pas aussi lointain que cela où nous avions encore des occasions de vibrer sur la voix farouche de Mano Solo. Ensemble en Solo, les Hurlements d’Léo chantent Mano et nous, on écrase une petite larme pas forcément de joie !

BOB’S NOT DEAD

Chanteur de bar un peu punk un peu titi parigot, Bob n’a pas son pareil pour heurter les bonnes consciences, celles qui supportent assez mal de voir débarquer une crête posée sur une grosse envie de secouer le cocotier. Avec sa guitare, sa boîte à rythmes, affectueusement prénommée Paulette, et ses chansons qu’on dirait tout droit sorties d’un autre siècle, voire millénaire, Bob fait de son énergie et son humour une arme de partage massif. Instants décalés où l’on se surprend à sourire devant ce mélange à nul autre pareil, cette révolte presque adolescente qui célèbre autant la vie que la révolution, l’amour que l’envie de filer un gros coup de pied dans le cul des coincés, juste pour le plaisir de battre en brèche les a priori et les idées trop reçues pour être honnêtes. Beaucoup plus poétique qu’il n’y pourrait paraître si l’on reste bloqué sur les apparences, l’univers de Bob nous entraîne aux confins de la chanson française à texte, aux côtés des grands ancêtres que sont, pour ne citer qu’eux, Brassens ou Renaud. Avec sa gouaille si particulière, il nous offre des titres qui immédiatement entrent en tête, qui irrésistiblement donnent envie de bougeotter la tête en rythme avec un grand sourire et en levant haut le poing.

SAMEDI 6 FÉVRIER /// 21H
EL MEDIATOR – Avenue du Général Leclerc – PERPIGNAN
14€ (réduit) > 17€ (plein)