Robert Charlebois

50 ans !… 50 ans qu’un petit gars ben ordinaire a pris un vol sur Québec Air, direction le sud du sud, là où l’on peut déguster un punch créole tout en prenant un joli coup de soleil, où l’on a le droit, voire le devoir, d’être heureux en amour et crier à sa blonde qu’on l’aime comme un fou, là où l’on peut se tenir dans le vent avant de faire une kriss de chute en parachute. 50 ans déjà – comme le temps passe vite ! – que sa crinière bouclée et son drôle de nez viennent de temps à autres faire souffler un vent de fraîcheur sur nos contrées lointaines, à grand renfort de chansons indémodables, inoubliables, ces titres que l’on se surprend à fredonner dès leurs premières mesures, de «Lindberg» à «Je reviendrai à Montréal» en passant par «Ordinaire», «Les ailes d’un ange», «Dolores» ou bien encore la sublime «Conception». 50 ans de mots qui jouent à saute-mouton au-dessus des océans, de mélodies qui rockent nos nuits et slowent nos jours, de clowneries surréalistes et d’humour bon enfant – celui qui lui permet quand il le souhaite de reprendre cette fameuse «Complainte du phoque en Alaska» pourtant écrite et interprétée par Beau Dommage, de tendresse curieuse et de nostalgie joyeuse.
Cinq décennies, déjà, que l’on a la chance, à intervalle régulier, de goûter en esthètes à son délire psychédélique, son écriture qui sait si bien marier les influences anglo-saxonnes et la verve des rimes en français, à cette simplicité, ce naturel et cette bonhomie qui rendent l’artiste si attachant, si proche de ce que l’on est, ce que l’on aime. Et si, avec le temps qui passe et rend les hivers toujours plus rigoureux, ses visites se sont faites moins fréquentes, jamais il n’est sorti de l’esprit et du cœur de ces français qui l’ont adopté depuis si longtemps. Parce que l’on a beau dire, on a beau faire, sa poésie teintée d’absurde, son électrique vibration sentimentale, ce sourire digne d’un gamin ayant réussi sa plus belle bêtise, cette capacité inouïe à nous offrir les plus beaux textes et les plus belles mélodies qui soient, en ont fait l’une des figures majeures de la chanson francophone de ces cinquante dernières années. 
Alors, qu’il se balade entre des cocotiers glacés ou des esquimaux bronzés en nous chantant “ché pu où chu rendu”, qu’il rêve de Rio ou de talons hauts, qu’il fasse un tour en Gaspésie ou se pose sur le bord du Saint-Laurent, où qu’il aille et quoi qu’il fasse, il est et restera “dans notre cœur… pour toujours !”

MARDI 06 DÉCEMBRE /// 20h29
PALAIS DES CONGRÈS – Place Armand Lanoux – PERPIGNAN
40€>49€

réservations : www.boitaclous.com