Skip The Use – “Past and Future”

Il y  3 ans, après 4 albums détonnants et des tournées à rallonge, la petite bande emmenée par Mat Bastard décidait de se séparer, rangeant une bonne fois pour toutes, en tout cas le croyait-on, ses mélodies explosives au rayon du passé glorieux d’un rock fougueux. L’un parti faire des choses somme toute relativement similaires en solo, nous offrant un “Loov” de fort belle facture, une partie des autres allant explorer des rythmes aussi tout aussi puissants du côté de The NoFace et son “Chapter One”, il n’y avait plus qu’à nous remémorer ces instants magiques passés à écouter des titres comme Ghost”, “People in the Shadow”, “Can Be Late” ou bien encore “Nameless World”, en se disant que tout ceci résonnait vachement bien mais était ben et bien derrière nous !… Aussi, quand arriva l’info comme quoi ce passé allait redevenir notre présent, c’est une hola intérieure qui se fit jour dans nos petits corps engourdis. Quoi ?… Comment ?… Mat et Yan font la paix – si tant est qu’ils furent fâchés mais cela ne nous regarde pas comme dit l’autre ! – et remettent le couvert histoire de secouer le cocotier d’un rock français qui ressemble de moins en moins à un chaudron magique !… Il n’y avait plus qu’à croiser les doigts et espérer que le résultat soit à la hauteur de l’attente. Bingo !… A peine le temps de poser la galette dans la platine que déjà voici ce cinquième opus de Skip The Use devenu un must tournant en boucle. Car finalement, le break a fait un bien fou au duo que guettait la légitime menace de la redondance. Fidèles à leurs bonnes vieilles habitudes, les deux complices voguent donc, au fil des 13 titres, sur un océan déchaîné où leurs envies d’aventures musicales variées font merveille, où l’on peut croiser tout aussi bien du bon gros rock qui cogne que des rythmes funky hyper groovy, où la trance électro se frotte à un flow hip hop habilement maîtrisé, où refrains fédérateurs le disputent à des mélodies plus viscérales et brutes, où des titres un peu “légers” ouvrent le chemin pour des constats et des combats d’actualité (“Marine” et le sublime “Du bout des doigts”) . Peu importe finalement le flacon puisque l’ivresse est au rendez-vous et que chacun de ces 13 titres nous filent une petite rasade d’énergie pure, nous laissant rassasiés, un grand et franc sourire aux lèvres. Alors, si cet album, pont entre le passé et le futur de Skip The Use, est notre présent, il y a fort à parier qu’entre concerts furieux – tant on sait par expérience que les chansons plus cool de STU prennent une dimension cataclysmique lorsqu’elles se retrouvent sur scène ! – et albums à venir, les futures pages écrites par Mat et Yan seront de celles qui nous combleront totalement et nous feront jumper encore et toujours jusqu’à l’épuisement total !