Quand le sablier de l’époque s’emballe et que le temps glisse entre les doigts comme une poignée de sable, il peut être utile qu’une vibration singulière s’élève pour suspendre, ne serait-ce qu’un instant, la course du monde. Il peut être salutaire qu’une poésie moderne et habitée prenne corps au confluent de plusieurs esthétiques pour que tour à tour feutrée et fiévreuse, se déploie un espace préservé où l’on peut, en douceur, lutter contre ses propres tourments, contre sa propre mélancolie et, petit à petit, avancer envers et contre tous les aléas d’un monde qui semble inadapté à nos aspirations profondes.
Face à l’ombre qui obscurcit nos cieux et à la fumée artificielle diffusée par les réseaux, une révolte intime s’organise, portée par un désir chevillé au cœur, celui d’une déconnexion salutaire où l’on débranche la prise pour mieux préserver son âme, où le tumulte des autres, des fâcheux et des obtus, continuerait à gronder au loin pendant que la musique serait là pour panser nos plaies à mi-voix.
Comme une traversée qui opposerait des chemins divergents, Jun.e nous rappelle, avec “Pas les mêmes“, que nous ne vernissons pas les mêmes tableaux, ne salissons pas les mêmes bancs, et ne subissons pas tous le même sort. Pourtant, de cette fracture naît une communauté de l’esprit, une alliance nouvelle pour gravir des paliers inédits avant que la route ne trouve son terminus. Alors que la clarté et la lumière finissent par reconquérir l’espace, offrant un final où l’être prend enfin de la hauteur au-dessus de ses tourments, quiconque cherche à transformer ses fêlures en une irrésistible force d’élévation pourrait bien trouver dans ce magnifique titre quelques réponses à ses interrogations intimes…







