Souvent, les promesses de l’aube s’évaporent dans le caniveau des rendez-vous manqués, laissant derrière elles le goût amer d’un futur antérieur qui n’adviendra jamais. Las, parfois, une voix s’élève pour scander l’absence, balançant son spleen entre délicatesse de mots à cru et pulsations syncopées d’une mélodie intérieure qui rythme l’inexorable à venir, capturant l’instant précis où l’attente amoureuse bascule dans l’illusion, transformant le premier tête-à-tête espéré en un mélancolique rancard de fumée.
Sur le fil du rasoir, oscillant entre l’effronterie d’une provocation familière et la ferveur d’une dévotion presque sacrée, on se rappelle, alors, les serments jurés sur la langue, ces baisers initiaux qui devaient parfaire le Big Bang et sceller deux êtres collés comme des mouches dans une danse éternelle. L’hommage tourne en boucle autour d’une gueule d’ange dont la première vision avait la force d’une gueule de bois, d’ange ou de lapin, un visage d’amour destiné à durer, que l’on se surprend à contempler à s’en fendre l’âme. La tendresse se cogne alors à la violence du vide, égrenant la litanie de tout ce que l’on aurait pu vivre, et de tout ce que l’on s’apprêtait à prendre plein la poire.
Cette dérive sentimentale captive par son balancement rythmique, refusant le larmoyant pour lui préférer le panache d’une désillusion crâneuse. Les mots de WAL se répondent en écho, opposant la douceur des souvenirs d’une première fois à la froide réalité d’un présent déserté, et, comme la mélodie entêtante d’une quête d’absolu déçue, offrant une traversée universelle qui résonnera chez quiconque a déjà attendu en vain sur le quai des promesses. Une immersion indispensable pour panser ses propres bleus au cœur.







