Dans un monde où des fous se sentent chaque jour un peu plus autorisés à nous plonger dans la pénombre et le chaos, il est des questions que l’on finit par devoir se poser, des interrogations existentielles qu’il est utile de laisser grandir en nous. Face à l’insondable, à l’injustifiable inconscience des puissants, sous une pluie de feu qui chaque seconde nous rapproche d’une inexorable fin, que ferions-nous ?… Que ferions-nous si l’on nous demandait chaque jour de danser avec la mort, serions-nous prêts à tout sacrifier au nom d’une cause que l’on ne maîtrise pas forcément, saurions-nous aller au-delà de la peur, des mensonges pour faire partie d’un combat qui nous dépasse ?… Ou aurions-nous tendance à fuir, à rentrer là où rien de fatal ne peut nous arriver ? Autant de questions que l’on ne se pose pas forcément lorsque l’on est confortablement installé dans notre société en paix. Mais l’actualité chaude nous le montre cruellement chaque jour, personne n’est vraiment à l’abri désormais et chacun peut, doit, comme le fait Cyril Monbrun, commencer à réfléchir à cette simple question : et “si c’était“ nous, si c’était moi, que ferions-nous ?… Est-ce que nous choisirions de nous fondre dans l’immensité des chairs en putréfaction au nom de cette cause suprême ou serions-nous de ceux qui préfèrent rentrer chez eux ?… Vaste sujet qui mérite, en tout cas, qu’on le pose de la façon dont le fait Cyril Monbrun, en douceur et modestie, simplicité et beauté, avec des mots qui interrogent nos conscience sans les percuter et font de cette « simple » question une vraie introspection philosophique.







