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Joolsy – “Le chemin des étoiles“

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C’est une vieille affaire que les miroirs s’obstinent à cacher et nous raconte que nous vieillissons tous, par surprise, un matin, entre deux rendez-vous manqués et une tasse de café tiède. Joolsy arrive dans ce grand désert des certitudes adultes avec la grâce légère d’un garnement qui aurait glissé un billet d’absence dans le cartable du temps. Avec ce nouveau chapitre musical, premier éclat d’un album promis pour l’automne (“Les chants des possibles“ 23/10/26), il rallume les lampions d’une fête que l’on croyait close, cet univers décalé où l’on retrouve l’inénarrable Gulien, personnage fétiche et double désarmant, perdu dans une dimension, entre rêve et réalité, où les frontières de l’agenda professionnel s’effilochent pour laisser passer les fantômes de la récréation.

Comme une parenthèse enchantée, comme une caresse gorgée d’une lumière d’été indien, portée par une mélodie légère qui claque avec la précision d’un souvenir d’adolescence, “Le chemin des étoiles“ s’installe dans notre esprit sans demander la permission, s’accrochant à nos mélancolies comme un parfum d’enfance indélébile. Car Joolsy excelle dans cet art de la dentelle nostalgique, dans ces récits universels de cette part de nous qui refuse de plier le genou devant la grisaille des chiffres et les sérieux des costards. Lui sait bien que nos rêves sont fragiles et s’effacent facilement devant les dérives du genre humain. Il a compris que les mensonges faciles, les nôtres et ceux des autres, tendent une main réconfortante à nos angoisses pour faire vaciller notre insouciance.

Sous la plume de ce poète farceur, les salons de l’importance professionnelle et les bureaux ministériels se transforment en cours d’école pour cadres en retard. Un peu d’audace et une immense tendresse pour nos solitudes contemporaines, mixée à un joli sourire en coin pour masquer l’émotion de voir nos rêves de gosses flotter au-dessus du quotidien, il n’en faut pas plus à Joolsy pour créer un appel d’air salvateur à destination de tous ceux qui se surprennent encore à chercher la Lune au bout du doigt.