CLIPSLE CLIP DU JOURRAP

Aunenof – “Rien à perdre“

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image tirée du clip "Rien à perdre", titre rap, de Aunenof
Il y a des soirs où le retour chez soi se dépose comme une brume tiède sur les épaules, où la tisane fume encore dans la tasse et les pantoufles semblent trop étroites pour contenir l’écho des vents qui ont soufflé sur nous auparavant. Avec “Rien à perdre“, Aunenof laisse filer ces images comme des pages arrachées à un carnet de route intérieur, pages écrites à l’encre d’un stylo qui a traversé tropiques, déserts et froids vrais.
En rendant un hommage à ses deux années vécues ailleurs, il ne montre pas tant des paysages que des impressions intérieures ballotées par la rencontre avec l’inconnu. Au fil des pas qui s’accumulent, les étapes de la vie se succèdent comme des portes que l’on pousse sans savoir ce qu’elles cachent, et chaque lieu, chaque moment passé avec l’autre, laisse une marque indélébile, un paysage intérieur que l’entourage ne pourra jamais tout à fait saisir sans l’avoir foulé lui-même. Alors on s’isole, on parle peu, on confie au papier ce que la voix retient. Il y a dans ces lignes une quête du vrai soi, entre volcan et glacier, une question lancinante : va-t-on finir par se trouver ou se perdre en chemin ? Faire tout cela pour exister, élargir la vision, bâtir un futur moins étroit, chercher l’équilibre dans la routine qui force aux choix, tout en sentant parfois les nerfs à vif, la cage qui se referme, les rêves qui rouillent doucement. Mais le but reste clair : faire ce que l’on veut quand on le veut, quand on le peut.
S’éloigner de la routine qui étouffe, vivre intensément tout en gardant l’ennui aux trousses, accepter la peur sans la laisser engloutir. Pour Aunenof, le constat est évident, le partage nourrit, la solitude attire la tristesse, la méfiance détruit, la différence enrichit.
“Rien à perdre“ vibre de ces tensions douces, de ces questions sans réponse immédiate, de cette interrogation lancinante sur ce que l’on fera demain, sur l’endroit où l’on sera, sur la possiblité de se perdre sur le chemin à la recherche de sa voie. Comme une conversation intérieure prolongée sous le ciel de l’Amérique du Sud un jour, sous celui de la France le suivant, Aunenof puise dans les images de ce voyage au long cours l’écho d’une liberté cherchée sans cesse.
Lui s’est isolé, a écrit et a suivi son chemin, parce que la vie est faite d’étapes, et que chaque lieu, chaque pas, contribue à ce qui nous constitue. En rendant cet hommage aux années « d’ailleurs », il nous invite à écouter l’appel à s’élever ensemble, à se nourrir du partage, à laisser la différence faire la richesse. Et l’on repart de ce court voyage en sa compagnie avec cette sensation étrange et douce que, parfois, n’avoir rien à perdre est la plus belle des libertés.
Dans le silence qui suit, les images continuent de défiler quelque part derrière les paupières, et l’on se surprend à rêver d’autres sentiers, d’autres vents, d’autres parenthèses à ouvrir, sans jamais vraiment refermer la précédente. C’est là toute la force de ce titre, il ne clôt rien, il invite à poursuivre, les yeux ouverts, allongé ou debout, loin ou près, à la recherche de ce qui nous fait briller vraiment.