Nina Hagen, la “mother of punk” vient secouer le Mediator

Thierry

31 octobre – Nina Hagen – El Mediator – Perpignan

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Icône punk, égérie de tout ce que la scène underground compte d’artistes azimutés, Nina Hagen aura toujours fait parler d’elle et, la cinquantaine arrivée, ne semble pas prête à rendre les armes. Comment pourrait-il en être autrement, elle qui nous chavire et nous envoûte de sa voix si particulière depuis la fin des années 70, devenant au fil du temps, et des shows provocants et destructeurs, cette “mère du punk“ qui semble planer dans la stratosphère et ne jamais vouloir être là où on l’attend.  Différente, elle l’a toujours été, assumant jusqu’au bout des ongles ses idées parfois baroques (extra-terrestres en tête) et ses convictions – très – affirmées sur la politique, la religion, le féminisme, la sexualité et autres sujets prêtants souvent à controverse. Différente elle l’a également toujours été par sa volonté de ne pas se cantonner à un seul et unique style musical, passant ainsi du punk originel à l’opéra, au funk voire à la musique religieuse. Libre, elle peut ainsi bien dans des improvisations vocales inouïes que chanter «Ave Maria», se plonger dans l’atmosphère hippie en adaptant en allemand la comédie musicale «Hair» que d’enregistrer un album complet avec des chants indiens. Et si ses prestations discographiques sont, en soi, déjà de petits ovnis, que dire de ses concerts où tout peut (pouvait) arriver. N’a t’elle pas en son temps, longtemps avant les Madonna et autres Miley Cyrus, exécuté “quelques“ masturbations avec micros sur scène, choquant plus qu’à son tour et se créant ainsi une aura sulfureuse qui la suit encore de nos jours ?…  Théâtrale à l’extrême, Nina Hagen a toujours su proposer des concerts explosifs et hautement décalés, où sa folie et son incandescence pouvaient s’exprimer pleinement, quitte pour cela à se couper d’une partie du public. Diva déjantée, elle sait mieux que n’importe qui prendre à bras le corps une musique, quelle qu’elle soit, et en faire quelque chose de personnel, d’unique et à la fois universel. Qu’elle aille vers le rock industriel, la musique classique, le jazz ou qu’elle prête sa voix à la fabuleuse reprise d’un morceau de Rammstein par les non moins extraordinaires finlandais d’Apocalyptica, chacun de ses apparitions, de ses prestations, se transforme en moment d’excellence, en pièce d’un puzzle jamais terminé mais déjà merveilleux. Sa voix, à la tessiture très étendue, impressionne autant qu’elle subjugue, lui permet ainsi de composer au fil du temps un tableau tout sauf uniforme, croisement halluciné et hallucinant entre Munch et Dali, entre Picasso et Hopper. Sa geste, singulière, provocante, ironique, en fait l’une des artistes les plus libres que l’on connaisse, et cela le public lui en est gré depuis des décennies, ne la laissant jamais dans l’ombre et lui apportant en permanence son soutien, quel que soit le chemin musical qu’elle décide d’emprunter. Et si, avec les années qui passent, la punkette délurée a laissé la place à une artiste plus posée, plus classique, on sent, à la voir ainsi prendre possession de la scène, que tout peut arriver à chaque instant, qu’il suffit d’une étincelle pour rallumer un feu tout sauf éteint, que la folie est toujours là, à fleur de peau, prête à ressurgir à tout moment et à tout bousculer sur son passage. Alors, quand un tel mythe est de retour et décide de venir poser ses dockside dans une salle telle que le Mediator, aucune excuse n’est valable, aucun mot des parents n’est accepté !… La mère de tous les punks à Perpignan, c’est suffisamment rare pour ne pas être loupé. Que l’on ait ou non une crête, que l’on soit ou non fan, que l’on sache ou pas ce que punk veut dire, une seule chose compte, se poser face à la scène et se préparer à en prendre plein les yeux, plein les oreilles, bref se dire que l’on va vivre une expérience musicale comme il en existe peu et qu’on a quand même sacrément de la chance !

Samedi 31 octobre 2015 /// 21h /// El Mediator /// PERPIGNAN
25€>28€ /// 1ère partie Dj Tom Darnal
Bouton noir

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