Ils ont beau avoir 244 ans à eux tous, les Rolling Stones sont encore et toujours un groupe qui réussit à être d’une totale modernité, mélange d’énergie incroyable, de groove absolu et d’une extraordinaire capacité à trousser des morceaux qui donnent envie de bouger. En cela “Mr. Charm“ ne déroge pas à la règle avec sa toile de guitares qui bousculent et cette voix qui refuse obstinément de vieillir, composant note après note une réponse cinglante à l’usure du temps, prouvant s’il le fallait que le rock le plus authentique n’a que faire des certificats de naissance.
Dans ce théâtre d’illusions où l’on cherche à apprivoiser l’autre en faisant fi des rumeurs qui le précèdent, où l’on scrute son regard pour y déceler la frontière poreuse entre le bien et le mal, on croise le vertige d’une existence trop courte pour n’être consacrée qu’à l’accumulation de richesses, le mépris des miroirs aux alouettes technologiques incarnés par les lubies martiennes des magnats modernes, et ce désir presque touchant de troquer les bolides d’antan contre la tiédeur d’un salon où l’on sert des cocktails en maniant les anagrammes et les épigrammes.
Voir les Rolling Stones déployer une telle fougue après plus de six décennies de règne quasi absolu – même si, on l’admet, les titres récents ne sont plus tout à fait destinés à rester dans la mémoire collective, ne peut que raviver cette attente fiévreuse que l’on a de retrouver enfin cette énergie brute – et hautement improbable à leur âge ! – sur scène. Croisons les doigts pour que cela se fasse dans les mois à venir…






