Il est des aubes intérieures qui ne doivent rien au cycle des astres mais tout à la vibration d’une membrane tendue sur un fût de bois que des mains habiles et habitées manient à la perfection pour nous amener vers un ailleurs différent, plus beau, plus ensoleillé, plus spirituel. Yoskel n’est pas un marchand de sable mais un sculpteur d’air chaud, un artisan du sourire qui a compris, bien avant les gourous divers et avariés, que la seule élévation qui vaille se niche dans le balancement d’un corps, les bras levés et le sourire aux lèvres. Après avoir fait vibrer nos cœurs avec “Free the People“ concocté avec la divine Queen Omega, le voici qui revient avec “Higher“, une petite bombe de lumière qui se propage avec la courtoisie d’une brise tropicale.
Pas de panique, ici, point de revendications ou de manifestes en carton-pâte, juste une révolution douce qui se fait en musique, le front haut et l’âme légère. C’est de l’afropop qui aurait bu à la source du reggae, un courant solaire où les percussions murmurent des vérités essentielles à nos chevilles ankylosées. Yoskel nous propose un choix radical, celui de la joie comme acte de résistance contre la grisaille mentale et les énergies de caniveau, celui d’un mouvement organique, vivant, qui possède cette élégance suprême de ne jamais forcer le passage pour mieux squatter nos synapses. Invitation à la danse immobile qui finit toujours par vous faire décoller les talons du bitume, sa voix reste cette ancre chaude dans un océan de rythmiques souples, cette ligne de vie qui refuse de plier sous le poids du monde. On y croise la persévérance traitée comme une vieille copine de bar et une spiritualité qui se passe d’encens pour se concentrer sur l’essentiel, ce petit supplément d’âme qui vous rend soudain plus libre. “Higher“, c’est le panache en pente douce, c’est surtout le rappel salvateur que rester positif est le plus beau des credos. On en ressort un peu plus haut, un peu plus vrai, avec cette irrésistible envie de ne plus jamais redescendre.







