Le temps s’arrête sur une note suspendue quand deux générations se croisent, se parlent, se répondent. Il y a Zaho qui glisse sa voix comme une caresse sur du velours noir, et MC Solaar qui pose des mots qui sentent encore le bitume tiède après l’averse d’été. Il y a cette silhouette qui danse au ralenti dans le rétroviseur, souvenir qui refuse de s’effacer, parfum qui reste sur l’oreiller même quand la lumière revient. “Comme Caroline“, c’est cette ombre qui flotte, légère, presque fragile, au-dessus de nous, mais qui laisse supposer qu’en dessous bat un cœur qui cogne fort, comme si l’amour avait appris à respirer sous l’eau. Il y a cette lumière dorée qui traverse des rideaux fins, ces regards qui se cherchent sans jamais tout à fait se trouver, ces lèvres qui murmurent des promesses que l’on n’ose pas tenir. C’est doux. C’est douloureux. C’est beau comme une blessure qu’on n’a pas envie de guérir. Et quand la dernière note s’éteint, on reste là, un peu sonné, avec dans la gorge ce nom qui tourne en boucle, Caroline, et vient nous rappeler que l’as de trèfle est toujours celui qui pique son cœur.








