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Deep Purple – “Arrogant boy“

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Si la Genèse avait été écrite par des types en cuir avec un orgue Hammond en guise de cathédrale, le monde aurait sans doute plus de gueule et nettement moins de complexes. Depuis le temps, on a compris que Deep Purple n’était pas un « simple » groupe de rock mais bel et bien une institution de la secousse tellurique, une légende qui refuse l’embaumement pour préférer le cambouis d’un nouveau riff. Avec le tout chaud “Arrogant Boy“, premier brûlot extrait de leur vingt-quatrième album “Splat !“, ces seigneurs du bitume nous balancent une décharge de 220 volts qui rappelle que la vieillesse est une invention de gens qui n’ont jamais poussé un ampli Marshall à onze.

C’est l’histoire de Billy, un anti-héros magnifique, analphabète et dépeigné, qui traverse la vie avec l’arrogance tranquille de celui qui ne doit rien à personne et surtout pas à l’élite. Ian Gillan, Roger Glover, Ian Paice, Don Airey et le petit dernier Simon McBride ne jouent pas la nostalgie, ils sculptent une énergie brute qui fleure bon l’âge d’or des années 70 tout en sonnant plus actuel que la moitié de la production actuelle. Rien à dire, juste du rock lourd, organique, enregistré sous la houlette de Bob Ezrin, cet architecte du son qui sait transformer chaque accord du groupe en monument historique avec ce qu’il faut comme chevauchée fantastique célèbrant la métamorphose plutôt que l’apocalypse, et prouvant, si besoin était, que Deep Purple est dans une forme olympique. Car, in fine, il y a tout ce que l’on aime de Deep Purple ici, ce groove inimitable, ces duels entre la guitare et l’orgue qui nous rappellent pourquoi on est tous, un jour ou l’autre, tombé sous le charme de ces diables d’anglais. C’est percutant, c’est teinté d’une ironie souveraine, et ça possède ce panache absolu des classiques qui n’ont pas besoin de forcer pour être indispensables. Billy est peut-être arrogant mais Deep Purple est juste éternel, et franchement, ça nous fait des vacances de voir que le vrai rock n’a toujours pas l’intention de s’excuser d’exister.