Lorsque l’époque s’enfonce dans le formol du consensus mou et les ricanements mesquins, il reste heureusement quelques dynamiteuses de l’esprit pour poser les fesses sur le détonateur et venir nous secouer la couenne avec une effronterie et une fraîcheur bienvenues. Et quand il s’agit de secouer l’ordre établi et les conventions, Les Vulves Assassines ne sont pas les dernières. Pour preuve cet extrait de leur nouvel album “Vulcanae Rock’n’Rolla“, “Louise Mitchell“ qui débarque comme un uppercut flanqué en plein rictus bourgeois, tel un manifeste sauvage refusant poliment mais fermement de s’excuser d’exister. Il faut dire que ce trio de l’espace marie à perfection la fureur punk aux riffs résolument acides, avec comme leitmotiv cette poésie de bitume et de lutte sociale qui fait leur sève, portée par des slogans scandés à s’en faire saigner les cordes vocales. C’est à la fois féministe, terriblement marxiste, drôle comme une blague potache racontée au comptoir d’un PMU de banlieue et féroce comme un retour de flamme. Sous le fracas des machines et la guitare hurlante, la tendresse militante n’est jamais loin. Elle se niche dans le refus absolu de courber l’échine face à la grisaille ambiante et, entre deux sourires salvateurs et trois beats martiaux à réveiller un syndicaliste en fin de manif, nous rappelle que la révolte est une fête collective qui se danse les poings levés. Hymne taillé pour faire trembler les tympans, “Louise Mitchell“ s’impose d’emblée comme un classique effronté, profondément humain, qui donne une envie folle de renverser les conventions tout en commandant une autre pinte au comptoir.








